La régulation émotionnelle : à quoi ça sert ?
La régulation émotionnelle est un système dynamique, différent de la seule perception des émotions, multidimensionnel, qui permet à l’individu de mettre en place des stratégies lorsqu’il doit faire face à ses émotions, les identifier et concevoir des comportements ad-hoc.
Elle a des bases neurophysiologiques et s’appuie sur des compétences cognitives, mais elle se construit principalement à partir des interactions précoces. La figure d’attachement principale, le plus souvent la mère, est la personne ressource à partir de laquelle le nourrisson observe les émotions et les comportements de son entourage en réaction à ces émotions, comme il fait l’expérience lui-même des effets obtenus face aux stimuli émotionnels qu’il émet (notamment lors des situations de détresse).
En cela, la régulation émotionnelle est un processus dynamique qui va au-delà du simple ressenti et qui vise à mettre en place des stratégies pour diminuer ou augmenter des émotions à valence soit positive soit négative. Selon Gross (1998) et Gross & John (2003), ce mécanisme se situe sur un continuum entre automatisme inconscient et action volontaire, consciente. Il peut prendre place avant que l’émotion n’apparaisse (« antecedent-focused » ou centré sur l’antécédent) ou une fois que l’émotion est présente (« reponse-focused » ou centré sur la réponse). Toutes les stratégies ne se valent pas, par exemple la « réévaluation ou la résolution de problèmes » sont estimées plus efficace que celles de « suppression, d’évitement, de rumination » (Gross & John, 2003) : elle intervient plus tôt dans le processus et permet notamment plus de flexibilité dans le traitement de la situation en la réinterprétant de manière plus positive.